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 La crise du monde moderne

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titou

titou


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MessageSujet: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 11:40

assalam alaykum

Un constat sur notre civilisation moderne : Une modernité qui a corrompu (avec son matérialisme et son individualisme) tous les peuples aujourd'hui


La crise du monde moderne


Publié chez Gallimard en 1946, renouvelé en 1973.

„Donc, si l’on dit que le monde moderne subit une crise, c’est que l’on entend par là
le plus habituellement, c’est qu’il est parvenu à un point critique, ou,
en d’autres termes, qu’une transformation plus ou moins profonde est
imminente
, qu’un changement d’orientation devra inévitablement se
produire à brève échéance, de gré ou de force, d’une façon plus ou moins
brusque, avec ou sans catastrophe.
” (p. 8)

L’étymologie du mot „crise”, utile si on veut restituer au terme la plénitude de son sens
propre et de sa valeur originelle, le rend partiellement synonyme de
„jugement” et de „discrimination”. Chaque phase critique dans une
situation amène vers une solution, favorable ou défavorable.

„[…]on s’aperçoit sans peine que cette préoccupation de la «fin du monde»
est étroitement liée à l’état de malaise général dans lequel nous vivons
présentement: le pressentiment obscur de quelque chose qui est
effectivement près de finir, agissant sans contrôle sur certaines
imaginations, y produit tout naturellement des représentations
désordonnées, et le plus souvent grossièrement matérialisées […]” (p.
11)

La fin pressentie n’est pas la fin du monde, mais d’un monde:
la civilisation occidentale sous sa forme actuelle. „[…] il semble bien
que nous approchions réellement de la fin d’un monde, c’est-à-dire de
la fin d’une époque ou d’un cycle historique, qui peut d’ailleurs être
en correspondance avec un cycle cosmique, suivant ce qu’enseignent à cet
égard toutes les doctrines traditionnelles.” (p. 12)

Les lois cycliques.

I. L’Age sombre

La doctrine hindoue enseigne que la durée d’un cycle cosmique
(Manvantara), se divise en quatre âges, autant de phases d’un
obscurcissement graduel de la spiritualité primordiale:

○ l’âge d’or;
○ l’âge d’argent;
○ l’âge d’airain;
○ l’âge de fer.

Nous sommes, depuis 6.000 ans, dans le quatrième âge, le Kali-Yuga, l’âge sombre.

„[…] les vérités qui étaient autrefois accessibles à tous les hommes sont
devenues de plus en plus cachées et difficiles à atteindre
; ceux qui les
possèdent sont de moins en moins nombreux, et, si le trésor de la
sagesse «non-humaine», antérieure à tous les âges, ne peut jamais se
perdre, il s’enveloppe de voiles de plus en plus impénétrables, qui le
dissimulent aux regards et sous lesquels il est extrêmement difficile de
le découvrir.” (p. 15)

Ce qui est caché redeviendra visible à la fin du cycle. Le développement du cycle s’accomplit du supérieur à
l’inférieur, niant l’idée de progrès, telle que les modernes
l’entendent. La chute des quatre âges se caractérise par une
matérialisation progressive.

Il y a quand même „deux tendances opposées, l’une descendante et l’autre ascendante, […] l’une centrifuge
et l’autre centripète et de la prédominance de l’une ou de l’autre
procèdent deux phases complémentaires de la manifestation, l’une
d’éloignement du principe, l’autre de retour vers le principe, qui sont
souvent comparées symboliquement aux mouvements du cœur ou aux deux
phases de la respiration.” (p. 17)

Il existe dans la théologie hindoue une fonction de „conservation divine”, représentée par Vishnu et
par la doctrine des Avatâras ou «descentes» du principe divin.

L’époque historique commence au VIe siècle avant l’ère chrétienne, comme s’il y
avait une barrière qu’il n’est pas possible de franchir à l’aide des
moyens d’investigation dont dispose la science ordinaire. C’est curieux
que même dans les cas des civilisations avancées comme l’Egypte et la
Chine, qui possèdent des documents pour des époques éloignées, les
chercheurs qualifient tout ce qui est antérieur au VIe siècle av. J.-C.
comme „légendaires”.

„L’antiquité dite «classique» n’est donc, à vrai dire, qu’une antiquité toute relative, et même beaucoup plus proche
des temps modernes que de la véritable antiquité, puisqu’elle ne
remonte même pas à la moitié du Kali-Yuga, dont la durée n’est
elle-même, suivant la doctrine hindoue, que la dixième partie de celle
du Manvantara; et l’on pourra suffisamment juger par là jusqu’à quel
point les modernes ont raison d’être fiers de l’étendue de leurs
connaissances historiques!” (p. 18-19)

L’esprit scientifique moderne est un esprit antitraditionnel.

Au VIe siècle av. J.-C., des changements importants eurent lieu dans tous les pays.

En Chine, la doctrine fut divisée en deux parties distinctes:
○ le Taoisme, métaphysique pure, et les sciences traditionnelles d’ordre proprement spéculatif;
○ le Confucianisme, ayant pour domaine les applications pratiques et principalement sociales.

Chez les Perses il y eut une réadaptation du Mazdéisme.

Dans l’Inde naît le Bouddhisme, rapidement perverti par sa transformation
dans une révolte contre l’esprit traditionnel, allant jusqu’à la
négation de toute autorité, jusqu’à une véritable anarchie.

La même époque est chez les Juifs celle de la captivité de Babylone.

Pour Rome c’est le commencement de la période dite historique, suite à celle „légendaire”.

En Grèce commence la civilisation dite „classique”. Il s’agit dans ce cas
d’une nouvelle vision sur la civilisation, qui n’est pas une rupture
trop profonde quand même avec ce qui s’est passé antérieurement. Le
Pythagorisme hérite l’Orphisme antérieur.

Le mot „philosophie”, avec ses connotations étymologiques (amour de la sagesse), a été employé
d’abord par Pythagore. La philosophie serait néanmoins un stade
introductif, un degré inférieur à la sagesse comme but. Substituer la
philosophie à la sagesse implique méconnaître la véritable nature de
cette dernière.

La philosophie prophane est uné prétendue sagesse purement humaine, d’ordre simplement rationnel, prenant la place de la véritable sagesse traditionnelle, supra-rationnelle.

Le rationalisme consiste à nier expressément tout ce qui est d’ordre supra-rationnel.

„[…] il convient de chercher dans l’antiquité «classique» quelques-unes des
origines du monde moderne; celui-ci n’a donc pas entièrement tort quand
il se recommande de la civilisation gréco-latine et s’en prétend le
continuateur.” (p. 23) Il s’agit quand même d’une continuation lointaine
et bien infidèle.

Le début de l’expansion du Christianisme correspond avec la dispersion du peuple juif, et la dernière phase de la civilisation gréco-latine.

Il y a des ressemblances entre la décadence antique et l’époque actuelle:

○ l’apparition du scépticisme;
○ le succès du moralisme stoïcien;
○ le succès du épicurianisme;
○ la transformation des doctrines sacrées en superstitions, réduite à leur aspect le plus extérieur.

Le Christianisme a opéré le redressement de la civilisation gréco-romaine.
Le Moyen Age est plus méconnu par les modernes que l’antiquité „classique”.

Le Moyen Age s’étend du règne de Charlemagne au début du XIVe siècle. Après cette date commence une nouvelle décadence.
C’est le point de départ de la crise moderne, commencée avec la
désagrégation de la Chrétienté. Quand même, la Renaissance et la Réforme
ont été possible par des décadances préalables.

La Renaissance a été la mort de beaucoup de choses. Sous prétexte de renouer avec
l’antiquité, on a copié uniquement les aspects les plus extérieurs de
celle-ci. Et cette restitution ne pouvait avoir qu’un caractère
artificiel, parce qu’il s’agissait de formes qui ne vivaient plus depuis
des siècles. Les sciences traditionnelles du Moyen Age ont disparu sans
être remplacées par rien.

La rapidite avec laquelle la civilisation médiévale a été oubliée est extraordinaire: les hommes du
XVIIe siècle n’en avaient aucune notion. Il semble difficile d’admettre
que le passage ait pus s’opérer sans aucune intervention artificielle.
„Il est bien invraisemblable aussi que la légende qui fit du moyen âge
une époque de «ténèbres», d’ignorance et de barbarie, ait pris naissance
et se soit accréditée d’elle-même, et que la véritable falsification de
l’histoire à laquelle les modernes se sont livrés ait été entreprise
sans aucune idée préconçue […]” (p. 26)

La Renaissance a consacré le terme „humanisme”: „[…] tout réduire à des proportions purement
humaines, de faire abstraction de tout principe d’ordre supérieur, et,
pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte
de conquérir la terre; les Grecs, dont on prétendaient suivre l’exemple,
n’avaient jamais été aussi loin en ce sens, même au temps de leur plus
grande décadence intellectuelle, et du moins les préoccupations
utilitaires n’étaient-elles jamais passées chez eux au premier plan,
ainsi que acela devait bientôt se produire chez les modernes.” (p. 26)

L’humanisme a été une première forme du laïcisme.

Chercher de satisfaire les besoins matériels des hommes est une illusion, parce
que la civilisation moderne crée toujours plus de besoins artificiels
qu’elle n’en peut satisfaire.

D’après toutes les indications fournies par les doctrines traditionnelles, nous sommes entrés dans la
phase finale du Kali-Yuga, dans la période la plus sombre de l’âge
sombre, dans cet état de désordre et de confusion dont il n’est plus
possible de sortir que par un cataclysme. Les Livres sacrés de l’Inde
ont annoncé que à cette époque redoutable les castes seront mêlées et la
famille n’existera plus.

La raison de cette époque est que „le passage d’un cycle à un autre ne peut s’accomplir que dans l’obscurité” (p. 28).

L’explication du monde moderne: „Ces connaissances inférieures, si vaines au regard
de qui possède une connaissance d’un autre ordre, devaient pourtant être
«réalisées», et elles ne pouvaient l’être qu’à un stade où la véritable
intellectualité aurait disparu; ces recherches d’une portée
exclusivement pratique, au sens le plus étroit du mot, devaient être
accomplies, mais elles ne pouvaient l’être qu’à l’extrême opposé de la
spiritualité primordiale, par des hommes enfoncés dans la matière au
point de ne plus rien concevoir au delà, et devenant d’autant plus
esclaves de cette matière qu’ils voudraient s’en servir davantage, ce
qui les conduit à une agitation toujours croissante, sans règle et sans
but, à la dispersion dans la pure multiplicité, jusqu’à la dissolution
finale.” (p. 28-29)

II. L’opposition de l’Orient et de l’Occident

Entre Orient et Occident il y a une scission malheureuse. Il y a eu toujours
des civilisations très différentes, qui se sont développées d’une
manière conforme aux aptitudes de leurs peuples et leurs races, mais
différent n’implique pas obligatoirement opposé. Entre les civilisations
normales, traditionnelles, il n’y a aucune opposition essentielle, et
les divergences ne sont qu’extérieures et superficielles.

La civilisation occidentale est fondée sur la négation des principes. A
cause de cet état de choses, toute entente avec les civilisations qui
l’entourent est impossible. „Dans l’état présent du monde, nous avons
donc, d’un côté, toutes les civilisations qui sont demeurées fidèles à
l’esprit traditionnel, et qui sont les civilisations orientales, et, de
l’autre, une civilisation proprement antitraditionnelle, qui est la
civilisation occidentale, moderne.” (p. 30-31)

Si la civilisation moderne occidentale couvre l’Europe et les Etats-Unis, les civilisation orientales sont:

- l’Extrême Orient – la civilisation chinoise;
- le Moyen Orient – la civilisation hindoue;
-
le Proche Orient – la civilisation islamique. „Il convient d’ajouter
que cette dernière, à bien des égards, devrait plutôt être regardée
comme intermédiaire entre l’Orient et l’Occident, et que beaucoup de ses
caractères la rapprochent même surtout de ce que fut la civilisation
occidentale du moyen âge; mais, si on l’envisage par rapport à
l’Occident moderne, on doit reconnaître qu’elle s’y oppose au même titre
que les civilisations proprement orientales, auxquelles il faut donc
l’associer à ce point de vue.” (p. 31)

L’esprit médiéval ressemblait beaucoup à celui des civilisations traditionnelles.

L’esprit occidental = l’esprit moderne.

La tradition primordiale du cycle actuel est venue des régions hyperboréennes.

Maintenant, le véritable esprit traditionnel n’a plus de représentants authentiques qu’en Orient.

„[…] quelques esprits ne sont plus satisfaits de la négation moderne, ils
éprouvent le besoin d’autre chose que de ce que leur offre notre époque,
ils entrevoient la possibilité d’un retour à la tradition, sous une
forme ou sous une autre, comme l’unique moyen de sortir de la crise
actuelle.” (p. 33)

Il n’y a pas de liaison entre le „traditionnalisme” et „l’esprit traditionnel”.

La „tradition occidentale”, fabriquée par certains occultistes, fait une
fausse concurrence à une „tradition orientale” non moins imaginaire, des
théosophistes.

Le dernier des grands cataclysmes qui ont arrivés
dans le passé est celui d’Atlantide. La destruction de ce continent a
eu des prémices fortement comparables à celles que nous pouvons
constater en Occident.

Reconstituer une tradition antérieure, atlantéenne ou celtique par exemple, est absolument impossible. Quand on
a affaire aux vestiges laissés par des civilisations disparues, il
n’est possible de les comprendre vraiment que par comparaison avec ce
qu’il y a de similaire dans les civilisations traditionnelles qui sont
encore vivantes; et l’on peut en dire autant pour le moyen âge lui-même,
où se rencontrent des choses dont la signification est perdue pour les
Occidentaux moderne.

„La vérité est que les éléments celtiques subsistants ont été pour la plupart, au moyen âge, assimilés par le
Christianisme; la légende du «Saint Graal», avec toute ce qui s’y
rattache, est, à cet égard, un exemple particulièrement probant et
significatif.” (p. 36)

Longtemps l’esprit traditionnel a survécu grâce au Christianisme (le Catholicisme plus particulièrement). Toute
restauration de la spiritualité européenne devrait commencer d’ici. Les
idées de l’esprit occidentale sont conçues dans un esprit d’hostilité
plus ou moins avouée vizavi de l’Orient.

Dans toutes les doctrines traditionnelles il y a une identité fondamentale qui se
dissimule sous toutes les différences de formes extérieures.

Dans la confusion mentale qui caractérise notre époque, on applique le mot
„tradition” à toutes sortes de choses, souvent fort infignifiantes. La
déviation de langage traduit une sorte de dégénérescence des idées
correspondantes. L’expression „philosophie traditionnelle” est un
oxymore (parce que la philosophie n’est que prophane).

„Pour restaurer la tradition perdue, pour la revivier véritablement, il faut
le contact de l’esprit traditionnel vivant, et, nous l’avons déjà dit,
ce n’est qu’en Orient que cet esprit est encore pleinement vivant; il
n’en est pas moins vrai que acela même suppose avant tout, en Occident,
une aspiration vers un retour à cet esprit traditionnel, mais ce ne peut
guère être qu’une simple aspiration.” (p. 38-39)

Si l’Occident revenait à sa tradition, son opposition avec l’Orient se trouverait
résolue, parce que cette opposition naît de la déviation occidentale.
L’esprit traditionnel est partout le même au fond. De même, la
connaissance des principes métaphysiques est la même, comme les
principes eux-mêmes sont universels.

Ce qui manque à la civilisation occidentale pour s’entendre avec les civilisations
orientales manque aussi en elle-même, pour être une civilisation normale
et complète.

„Quelques-uns parlent aujourd’hui de «défense de
l’Occident», ce qui est vraiment singulier, alors que, comme nous le
verrons plus loin, c’est celui-ci qui menace de tout submerger et
d’entraîner l’humanité entière dans le tourbillon de son activité
désordonnée […]” (p. 41)

Le véritable Orient ne songe ni à attaquer ni à dominer, il ne demande que son indépendance et sa
tranquillité. „[…] l’Occident a en effet grand besoin d’être défendu,
mais uniquement contre lui-même, contre ses propres tendances qui, si
elles sont poussées jusqu’au bout, le mèneront inévitablement à la ruine
et à la destruction […]” (p. 41)

III. Connaissance et action

L’opposition entre Occident et Orient est incarnée dans l’opposition entre
contemplation et action (ou sur les places respectives attribuées à ces
deux termes). En fait, l’opposition entre contemplation et action n’est
que superficielle: „[…] il n’est pas, du moins dans les cas normaux, de
peuple, ni même peut-être d’individu, qui puisse être exclusivement
contemplatif ou exclusivement actif.” (p. 44)

L’activité humaine ne peut pas se développer également et à la fois dans tous les domaines et dans toutes les directions.

„En considérant la contemplation et l’action comme complémentaires, on se
place donc à un point de vue déjà plus profond et plus vrai que le
précédent, parce que l’opposition s’y trouve conciliée et résolue, ses
deux termes s’équilibrant en quelque sorte l’un par l’autre.” (p. 44)

Il faut admettre la nécessité des deux termes, sans mettre l’égalité entre
les deux pratiques. Il est évident que l’aptitude pour la contemplation
est plus répandue chez les Orientaux (au plus haut degré en Inde). Il
est tout aussi évident que l’aptitude pour l’action est une
caractéristique occidentale. Au moyen âge les Occidentaux respectaient
encore la supériorité de la contemplation, mais en développant outre
mesure leurs facultés d’action, en sont arrivés à perdre leur
intellectualité. Ils l’ont remplace par des théories qui mettent
l’action au-dessus de tout.


Dernière édition par titou le Dim 24 Juil 2011, 13:46, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 11:41

„On pourrait dire que l’antithèse de l’Orient et de l’Occident, dans l’état présent des choses, consiste en ce que
l’Orient maintient la supériorité de la contemplation sur l’action,
tandis que l’Occident moderne affirme au contraire la supériorité de
l’action sur la contemplation.” (p. 46)

Entre Orient et Occident aucune réconciliation n’est possible à l’état actuel de choses. Sans
nier l’importance de l’action, toutes les doctrines orientales affirment
que la contemplation est supérieure à l’action, comme l’immuable est
supérieur au changement.

L’esprit moderne non seulement prône la supériorité de l’action, mais il nie totalement la contemplation, dont
il ignore et méconnaît la véritable nature.

Il y a entre la contemplation et la connaissance une relation de synonymie.

La connaissance par excellence est immuable. Toute connaissance vraie est
indentification avec son objet (objective). Les Occidentaux envisagent
une connaissance rationnelle et discursive, donc indirecte et
imparfaite, donc connaissance par reflet. En plus, ils l’apprécient
uniquement si elle peut servir à des buts pratiques.

„[…] le caractère le plus visible de l’époque moderne: besoin d’agitation
incessante, de changement continuel, de vitesse sans cesse croissante
comme celle avec laquelle se déroulent les événements eux-mêmes. C’est
la dispersion dans la multiplicité, et dans une multiplicité qui n’est
plus unifiée par la conscience d’aucun principe supérieur; c’est, dans
la vie courante comme dans les conceptions scientifiques, l’analyse
poussée à l’extrême, le morcellement indéfini, une véritable
désagrégation de l’activité humaine dans tous les ordres où elle peut
encore s’exercer; et de là l’inaptitude à la synthèse, l’impossibilité
de toute concentration, si frappante aux yeux des Orientaux.” (p. 48)

La pensée occidentale souffre les conséquences du matérialisme, et la
matière est essentiellement multiplicité et division. „Plus on s’enfonce
dans la matière, plus les éléments de division et d’opposition
s’accentuent et s’amplifient; inversement, plus on s’élève vers la
spiritualité pure, plus on s’approche de l’unité, qui ne peut être
pleinement réalisée que par la conscience des principes universels.” (p.
49)

Le mouvement et l’action sont recherchés dans la pensée
occidentale pour elle-même, comme sous une loi du pur déséquilibre. Dans
la science, on fait de la recherche pour la recherche, on aboutit à des
résultats partiels et fragmentaires, une succession de plus en plus
rapide de théories et d’hypothèses sans fondement, qui s’écroulent pour
être remplacés par d’autres: „véritable chaos au milieu duquel il serait
vain de chercher quelques éléments définitivement acquis, si ce n’est
une monstrueuse accumulation de fait et de détails qui ne peuvent rient
prouver ni rien signifier.” (p. 49)

Le seul domaine où l’homme moderne peut se vanter d’une certaine supériorité est le domaine matériel.

Prévisions:

„Il faut donc s’attendre à ce que les découvertes ou plutôt les
inventions mécaniques et industrielles aillent encore en se développant
et en se multipliant, de plus en plus vite elles aussi, jusqu’à la fin
de l’âge actuel; et qui sait si, avec les dangers de destruction
qu’elles portent en elles-mêmes, elles ne seront pas un des principaux
agents de l’ultime catastrophe, si les choses en viennent à un tel point
que celle-ci ne puisse être évitée?” (p. 49-50)

Dans la civilisation occidentale, le devenir emporte sur l’immuable et le
stable, chose qui implique la négation de toute véritable connaissance.

Il existe un lien directe entre la négation de tout principe immuable et
celle de l’autorité spirituelle, entre la réduction de toute réalité au
«devenir» et l’affirmation de la suprématie du pouvoir temporel, dont le
domaine propre est le monde de l’action.

L’intuition intellectuelle, par laquelle s’obtient la vraie connaissance
métaphysique, n’a absolument rien de commun avec cette autre intuition
dont parlent certains philosophes contemporains (ex: Bergson). Parce que
la vraie intuition est l’intelligence pure, supra-rationnelle.

L’individualisme aussi est la négation du supra-individuel.

„Tant que les Occidentaux s’obstineront à méconnaître ou à nier l’intuition
intellectuelle, ils ne pourront avoir aucune tradition au vrai sens de
ce mot, et ils ne pourront non plus s’entendre avec les authentiques
représentants des civilisations orientales, dans lesquelles tout est
comme suspendu à cette intuition, immuable et infaillible en soi, et
unique point de départ de tout développement conforme aux normes
traditionnelles.” (p. 52)

IV. Science sacrée et science profane


Dans les civilisations traditionnelles, la métaphysique constitue
l’essentiel, et tout le reste s’y rattache, notamment les sciences
sociales. En ce qui concerne les sciences, la conception traditionnelle
et la conception moderne sont incompatibles.

En ce qui concerne la métaphysique, son expression peut être modifiée, selon la place et la
civilisation qui l’héberge, mais la vérité est une seule.

Les sciences appartiennent au monde de la diversité, de la forme et de la
multiplicité. „Les logiciens ont l’habitude de regarder une science
comme entièrement définie par son objet, ce qui est inexact par excès de
simplification; le point de vue sous lequel cet objet est envisagé doit
aussi entrer dans la définition de la science.” (p. 54)

Pour les grecs de l’Antiquité, la physique était la „science de la nature”,
dédiée à l’étude du devenir. L’esprit moderne en a fait une science
particulière parmi d’autres, étudiant toutes le devenir. La
fragmentation moderne sacrifie le principe pour le détail.

Pour Aristote la physique était seconde par rapport à la métaphysique.

„[…] ce n’est guère qu’au XIXe siècle qu’on a vu des hommes se faire gloire
de leur ignorance, car se proclamer «agnositique» n’est point autre
chose que cela, et prétendre interdire à tous la connaissance de ce
qu’ils ignoraient eux-mêmes; et cela marquait une étape de plus dans la
déchéance intellectuelle de l’Occident.” (p. 57)

Le modernisme a séparé les sciences de tout principe supérieur, de la même manière le
temporel du spirituel. C’est vrai qu’il y a entre les deux une
distinction, mais distinction ne signifie pas séparation.

Les sciences occidentales ne cherchent plus la connaissance, mais les
applications pratiques. C’est pourquoi la science et l’industrie
semblent pour beaucoup de personnes la même chose, tout comme
l’ingénieur passe pour le savant moderne.

La science moderne:

„[…] enfermée exclusivement dans le monde du changement, elle n’y trouve
plus rien de stable, aucun point fixe où elle puisse s’appuyer; ne
partant plus d’aucune certitude absolue, elle en est réduite à des
probabilités et à des approximations, ou à des constructions purement
hypothétiques qui ne sont que l’œuvre de la fantaisie individuelle.” (p.
58)

Un question: pourquoi les sciences proprement expérimentales
ont-elles reçu, dans la civilisation moderne, un développement qu’elles
n’ont jamais eu dans d’autres civilisations? A cause du fait que ces
sciences sont celles du monde sensible, celles de la matière; leur
développment correspond aux tendances modernes.

Les connaissances inférieures ne sont pas illégitimes pour autant, ce qui est illégitime est l’abus qu’on en fait.

Une des caractéristiques de l’époque actuelle est l’exploitation de tout ce
qui avait été négligé jusque là comme n’ayant qu’une importance trop
secondaire pour que les hommes y consacrent leur activité. Certaines
sciences modernes se sont constituées à partir de certaines sciences
traditionnelles dont elles sont les résidus: „[…] c’est la partie la
plus inférieure de ces dernières qui, s’isolant et se détachant de tout
le reste dans une période de décadence, s’est grossièrement
matérialisée, puis a servi de point de départ à un développement tout
différent, dans un sens conforme aux tendances modernes, de façon à
aboutir à la constitution de sciences qui n’ont réellement plus rien de
commun avec celles qui les ont précédées.” (p. 60)

Il est faux de dire que l’astrologie est devenue l’astronomie moderne, ou que
l’alchimie est devenue la chimie moderne, tellement sont loin unes des
autres. Si une filiation existe, ce n’est pas par progrès, mais par
dégénérescence. Aussi, la réconstitution moderne de l’astrologie n’a que
peu en commun avec ce que cette science fut à son époque.

„La véritable alchimie était essentiellement une science d’ordre
cosmologique, et, en même temps, elle était applicable aussi à l’ordre
humain, en vertu de l’analogie du «macrocosme» et du «microcosme»; en
outre, elle était constituée expressément en vue de permettre une
transposition dans le domaine purement spirituel, qui conférait à ses
enseignements une valeur symbolique et une signification supérieure, et
qui en faisait un des types les plus complets des «sciences
traditionnelles».” (p. 61)

Les sciences traditionnelles de l’Occident sont vraiment perdues pour les modernes.

La psychologie telle que nous la connaissons est le produit de l’empirisme
anglo-saxon et de l’esprit du XVIIIe siècle. Tout point de vue
supérieur lui manque.

Les mathématiques modernes sont l’écorce exotérique de la mathématique pythagoricienne.

„Une science quelconque, suivant la conception traditionnelle, a moins son
intérêt en elle-même qu’en ce qu’elle est comme un prolongement ou une
branche secondaire de la doctrine, dont la partie essentielle est
constituée […] par la métaphysique pure.” (p. 62)

L’intuition intellectuelle: „[…] est la plus immédiate de toutes les connaissances,
aussi bien que la plus élevée, et qui est absolument indépendante de
l’exercice de toute faculté d’ordre sensible ou même rationnel.” (p. 64)

Les sciences traditionnelles sont des illustrations de la doctrine pure,
tout comme la circonférence existe uniquement par rapport au centre.

Il y a en toute civilisation normale des arts traditionnels, non moins
inconnus aux Occidentaux que les sciences traditionnelles.

„La vérité est qu’il n’existe pas en réalité un «domaine profane», qui
s’opposerait d’une certaine façon au «domaine sacré», il existe
seulement un «point de vue profane», qui n’est proprement rien d’autre
que le point de vue de l’ignorance.” (p. 66)

La science moderne est: „[…] savoir d’ordre inférieur, qui se tient tout entier au niveau
de la plus basse réalité, et savoir ignorant de tout ce qui le dépasse,
ignorant de toute fin supérieure à lui-même, comme de tout principe qui
pourrait lui assurer une place légitime, si humble soit-elle, parmi les
divers ordres de la connaissance intégrale; enfermée irrémédiablement
dans le domaine relatif et borné où elle a voulu se proclamer
indépendante, ayant ainsi coupé elle-même toute communication avec la
vérité transcendante et avec la connaissance suprême, ce n’est plus
qu’une science vaine et illusoire, qui, à vrai dire, ne vient de rien et
ne conduit à rien.” (p. 66)

En limitant arbitrairement les connaissances à un certain ordre particulier, celui de la réalité
matérielle ou sensible, la science occidentale a perdu toute valeur
intellectuelle.

V. L’individualisme

„Ce que nous entendons par «individualisme», c’est la négation de tout principe supérieur à
l’individualité, et, par suite, la réduction de la civilisation, dans
tous les domaines, aux seuls éléments purement humains; […]” (p. 68)

L’Occident est singulier comme civilisation édifiée entièrement sur quelque chose
de purement négatif. La cause déterminante de cette déchéance est
l’individualisme. Ce dernier est opposé à toute spiritualité et de toute
intellectualité vraie.

Ce que les philosophes modernes désignent par „métaphysique” n’a absolument rien de commun avec la métaphysique
vraie, ce sont uniquement des constructions rationnelles, des hypothèses
imaginatives qui se rapportent simplement au domaine physique, donc à
la nature.

Les philosophes aiment poser des problèmes,
fussent-ils illusoires et artificiels, que de les résoudre. Il y a pour
cela deux causes:

- le symptome de la recherche pour la recherche, sans aucune finalité;
- le désir d’avoir un „système” à soi, marque de l’originalité à tout prix, même si la vérité est sacrifiée.

„[…] mieux vaut, pour la renomée d’un philosophe, inventer une erreur
nouvelle que de redire une vérité qui a déjà été exprimée par d’autres.”
(p. 69)

L’individualisme, rencontré aussi chez les artistes et
les savants modernes, est la cause de beaucoup d’errances surtout chez
les philosophes.

„Dans une civilisation traditionnelle, il est
presque inconcevable qu’un homme prétende revendiquer la propriété d’une
idée, et, en tout cas, s’il le fait, il s’enlève par là même tout
crédit et toute autorité, car il la réduit ainsi à n’être qu’une sorte
de fantaisie sans aucune portée réelle: si une idée est vraie, elle
appartient également à tous ceux qui sont capables de la comprendre; si
elle est fausse, il n’y a pas à se faire gloire de l’avoir inventée.”
(p. 70)

Une idée bonne ne peut pas être nouvelle, car la vérité
n’est pas une création humaine, elle existe indépendamment de nous et
nous précéde.

„[…] le «génie», entendu au sens «profane», est
fort peu de chose en réalité, et il ne saurait en aucune manière
suppléer au défaut de véritable connaissance.” (p. 70)

Conséquences de l’individualisme en philosophie:
- par la négation de l’intuition intellectuelle, mettre la raison au-dessus de tout (le rationaliste de Descartes);
- la raison s’est rabaissée à un rôle surtout pratique;
- entraînement du „naturalisme”, puisque tout ce qui est de la nature est hors de l’atteinte de l’individu comme tel;
-
en absence de la métaphysique, le relativisme s’impose, soit sous la
forme du „criticisme” de Kant, soit comme le „positivisme” d’Auguste
Comte.

Le naturalisme, l’évolutionisme et l’intuitionisme
bergsonien sont des philosophies du devenir. Dans chacune d’elles il
n’est plus question de vérité, mais de „réalité” réduite à l’ordre
sensible. Avec de telles théories, l’intelligence est réduite à sa
partie la plus basse.

Le pragmatisme a nié l’intelligence et la connaissance, a substitué l’utilité à la vérité.

L’appel au subconscient fait par la psychanalyse est le renversement complèt de toute hiérarchie normale.

La philosophie occidentale est importance en ce qu’elle exprime, sous une
forme aussi nettement arrêtée que possible, les tendances du moment,
bien plutôt qu’elle ne les crée véritablement.

Le cartésianiesme correspond à un état de fait partagé par les contemporains de Descartes.
Il s’agit plutôt d’une résultante que d’un point de départ. „De même,
la Renaissance et la Réforme, qu’on regarde le plus souvent comme les
premières grandes manifestations de l’esprit moderne, achevèrent la
rupture avec la tradition beaucoup plus qu’elles ne la provoquèrent;
pour nous, le début de cette rupture date du XIVe siècle, et c’est là,
et non pas un ou deux siècles plus tard, qu’il faut, en réalité, faire
commencer les temps modernes.” (p. 73)

L’individualisme c’est la négation de la tradition.

Au cœur de toute civilisation traditionnelle se trouvent l’intuition intellectuelle et la doctrine métaphysique pure.

Les sciences traditionnelles du moyen âge étaient réservées à une élite, ou
même l’apanage exclusif d’écoles très fermées. D’autre part, dans la
tradition il y avait quelque chose de commun à tous indistinctement. Le
Protestantisme a joué dans la religion Catholique le rôle de la révolte
contre l’esprit traditionnel, en tant que manifestation de
l’individualisme.

„Qui dit individualisme dit nécessairement
refus d’admettre une autorité supérieure à l’individu, aussi bien qu’une
faculté de connaissance supérieure à la raison individuelle; les deux
choses sont inséparables l’une de l’autre.” (p. 74)

Le Protestantisme a prôné dans l’interprétation du texte sacré le «libre
examen», l’interprétation laissée à l’arbitraire de chacun, même des
ignorants et des incompétents, et fondée uniquement sur l’exercice de la
raison humaine.

Comme il y a une multitude de points de vue sur
le Christianisme, il y a autant de sectes protestants, qui ne
représentent que les opinions de quelques individus. Dans une telle
situation, un aspect secondaire de la religion, la morale, a pris une
importance décisive. Dans les pays anglo-saxons ce n’est même plus la
morale ce qui agit, mais le sentimentalisme, sous la forme de la
religiosité („de vagues aspirations sentimentales qui ne se justifient
par aucune connaissance réelle”, p. 75).

La morale protestante finit par dégénérer dans la morale laïque.

La religion étant une forme de la tradition, l’esprit antitraditionnel ne peut être qu’antireligieux.

L’hypothèse que le Protestantisme aurait pu garder la doctrine traditionnelle en se
séparant du Catholicisme est contredit par le „libre examen”. Celui-ci
permet toutes les fantaisies individuelles. La conservation de la
doctrine suppose un enseignement organisé, pour pouvoir transmettre
l’interprétation orthodoxe.

„[…] on peut se croire sincèrement
religieux et ne l’être nullement au fond, on peut même se dire
«traditionnaliste» sans avoir la moindre notion du véritable esprit
traditionnel, et c’est là encore un des symptômes du désordre mental de
notre époque.” (p. 78)

La plupart des chrétiens de nos jours font
preuve d’une ignorance complète au point de vue doctrinal. Pour eux la
religion est une simple pratique, une routine, une habitude, et ils
s’abstiennent soigneusement de comprendre quoi que ce soit, et ils
arrivent même à penser qu’il est inutile à comprendre, ou peut-être
qu’il n’y a rien à comprendre. „[…] du reste, si l’on comprenait
vraiment la religion, pourrait-on lui faire une place aussi médiocre
parmi ses préoccupations?” (p. 79)

„Il est très difficile de faire comprendre à nos contemporains qu’il y a des choses qui, par leur
nature même, ne peuvent se discuter; l’homme moderne, au lieu de
chercher à s’élever à la vérité, prétend la faire descendre à son
niveau; et c’est sans doute pourquoi il en est tant qui, lorsqu’on leur
parle de «sciences traditionnelles» ou même de métaphysique pure,
s’imaginent qu’il ne s’agit que de «science profane» et de
«philosophie».” (p. 80)

Presque toute la philosophie moderne est faite d’équivoques et de questions mal posées.

„Parfois,l’individualisme, au sens le plus ordinaire et le plus bas du mot, se
manifeste d’une façon plus apparente encore: ainsi, ne voit-on pas à
chaque instant des gens qui veulent juger l’œuvre d’un homme d’après ce
qu’ils savent de sa vie privée, comme s’il pouvait y avoir entre ces
deux choses un rapport quelconque?” (p. 80)

L’attitude apologétyque est défensive, et la plupart des fois il s’agit uniquement d’excuses.

„Ceux qui sont qualifiés pour parler au nom d’une doctrine traditionnelle
n’ont pas à discuter avec les «profanes» ni à faire de la «polémique»;
ils n’ont qu’à exposer la doctrine telle qu’elle est, pour ceux qui
peuvent la comprendre, et, en même temps, à dénoncer l’erreur partout où
elle se trouve, à la faire apparaître comme telle en projetant sur elle
la lumière de la vraie connaissance; leur rôle n’est pas d’engager une
lutte et d’y compromettre la doctrine, mais de porter le jugement qu’ils
ont le droit de porter s’ils possèdent effectivement les principes qui
doivent les inspirer infailliblement.” (p. 81)

Description du modernisme: „Rien et personne n’est plus à la place où il devrait être
normalement; les hommes ne reconnaissent plus aucune autorité effective
dans l’ordre spirituel, aucun pouvoir légitime dans l’ordre temporel;
les «profanes» se permettent de discuter des choses sacrées, d’en
contester le caractère et jusqu’à l’existence même; c’est l’inférieur
qui juge le supérieur, l’ignorance qui impose des bornes à la sagesse,
l’erreur qui prend le pas sur la vérité, l’humain qui se substitue au
divin, la terre qui l’emporte sur le ciel, l’individu qui se fait la
mesure de toutes choses et prétend dicter à l’univers des lois tirées
tout entières de sa propre raison relative et faillible.” (p. 82)

VI. Le chaos social

Dans la société européenne les castes n’existent plus. Comme ça,
l’ascenssion à des fonctions quelconques n’est plus soumise à aucun
règle légitime, et chacun se trouve dans la situation de faire n’importe
quoi, et souvent ce pour quoi il est le moins qualifié.

La négation de la différence entre les hommes a été érigée par les modernes
en pseudo-principe sous le nom d’«égalité». „Il serait trop facile de
montrer que l’égalité ne peut exister nulle part, pour la simple raison
qu’il ne saurait y avoir deux êtres qui soient à la fois réellement
distincts et entièrement semblables entre eux sous tous les rapports; et
il ne saurait pas moins facile de faire ressortir toutes les
conséquences absurdes qui découlent de cette idée chimérique, au nom de
laquelle on prétend imposer partout une uniformité complète, par exemple
en distribuant à tous un enseignement identique, comme si tous étaient
pareillement aptes à comprendre les mêmes choses, et comme si, pour les
leur faire comprendre, les mêmes méthodes convenaient à tous
indistinctement.” (p. 84)

L’enseignement moderne illustre très bien la dispersion dans la multiplicité.

Des dogmes laïques comme celle de l’égalité ou du progrès ne sont pas nées
spontanément. L’état de désordre actuel n’aurait pas été possible sans
elle, c’est pourquoi elles sont entretenues par ceux qui en profitent.
„[…] derrière tout acela, et tout au moins à l’origine, il faut une
action beaucoup plus consciente, une direction qui ne peut venir que
d’hommes sachant parfaitement à quoi s’en tenir sur les idées qu’ils
lancent ainsi dans la circulation.” (p. 86)

La plupart des „idées” modernes sont des mots-creux, qui ne produisent que du
verbalisme, où la sonorité des mots sont assez suffisants pour donner
l’illusion de la pensée.

Dans l’état actuel des choses, un homme
ne remplit sa fonction qu’exceptionnellement, c’est plutôt le contraire
qui est la norme. C’est curieux par exemple que dans une époque
spécialisée à outrance, l’incompétence des hommes politiques est
rarement un obstacle à leur carrière.

„L’argument le plus décisif contre la «démocratie» se résume en quelques mots: le supérieur ne peut
émaner de l’inférieur, parce que le «plus» ne peut pas sortir du
«moins»; cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle
rien ne saurait prévaloir.” (p. 87-88)

Le peuple ne peut pas donner le pouvoir, par le simple fait qu’il n’en a pas. Le pouvoir
provient d’en haut. La grande habileté des dirigeants est de faire
croire le peuple qu’il se gouverne lui-même. Et le peuple se laisse
flatter. Le suffrage universel a été introduit pour créer cette opinion,
que la majorité décide, mais l’opinion peut être dirigée et modifiée.

L’idée que la majorité doit faire la loi est essentiellement erronée. L’avis
de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompetence, il
résulte du manque d’intelligence ou de l’ignorance pure et simple.

„[…] dans une foule, l’ensemble des réactions mentales qui se produisent
entre les individus composants aboutit à la formation d’une sorte de
résultante qui est, non pas même au niveau de la moyenne, mais à celui
des éléments les plus inférieurs.” (p. 90)

Le consentement universel est devenu un critère de vérité.

„[…] les impulsions émotives empêchent la réflexion, et c’est une des plus
vulgaires habilités de la politique que celle qui consiste à tirer parti
de cette incompatibilité.” (p. 90)

La loi du plus grand nombre qu’invoquent les gouvernements modernes c’est la loi de la matière et de
la force brutale, la loi en vertu de laquelle une masse entraînée par
son poids écrase tout ce qui se rencontre sur son passage.

Par contre, dans le domaine spirituel, c’est l’unité qui engendre la
multiplicité. Mais lorsque le principe est nié, puis oublié, il ne reste
que la multiplicité pure.

L’individualisme moderne est tout aussi nuisible dans l’ordre social que dans l’ordre intellectuel. La
collectivité moderne est la somme des individus, et non un organisme
vivant.

Les conflits enregistrés dans la société modernes sont
entre les différentes varités de l’individualisme. Individualisme est
synonyme avec division, et la dernière engendre un état chaotique.

La démocratie contient en elle la négation de l’élite. Démocratie s’oppose
à l’aristocratie. L’élite ne peut être qu’opposée à la démocratie, qui
est intimement liée à la conception égalitaire. “Une élite véritable,
nous l’avons dit, ne peut être qu’intellectuelle; c’est pourquoi la
«démocratie» ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité
n’existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne.” (p.
93)

L’invention des fausses élites est monnaie courante dans
l’espace occidental. “On peut s’en apercevoir aisément en remarquant que
la distinction sociale qui compte le plus, dans le présent état de
choses, est celle qui se fonde sur la fortune, c’est-à-dire sur une
supériorité tout extérieure et d’ordre exclusivement quantitatif, la
seule en somme qui soit conciliable avec la «démocratie», parce qu’elle
procède du même point de vue.” (p. 93-94)

VII. Une civilisation matérielle


La civilisation occidentale moderne n’est qu’une civilisation matérielle.

Le mot “matérialisme” date du XVIIIe siècle, quand il a été inventé par le
philosophe Berkeley. Un peu plus tard, le mot a pris un nouveau sens:
il caractèrise une conception qui affirme qu’il n’y a que la matière et
ce qui en procède. On ne peut nier que c’est la mentalité de la plupart
de nos contemporains.

“Toute la science «profane» qui s’est
développée au cours des derniers siècles n’est que l’étude du monde
sensible, elle y est enfermée exclusivement, et ses méthodes ne sont
applicables qu’à ce seul domaine; or ces méthodes sont proclamées
«scientifiques» à l’exclusion de toute autre, ce qui revient à nier
toute science qui ne se rapporte pas aux choses matérielles.” (p. 97) La
science moderne, même si elle ne fait pas déclaration formelle
d’athéisme ou de matérialisme, elle agit selon un matérialisme pratique,
ce qui rend le mal plus profond et plus étendu.

“Quand on voit une science exclusivement matérielle se présenter comme la seule science
possible, quand les hommes sont habitués à admettre comme une vérité
indiscutable qu’il ne peut y avoir de la connaissance valable en dehors
de celle-là, quand toute éducation qui leur est donnée tend à leur
inculquer la superstition de cette science, ce qui est proprement le
«scientisme», comment ces hommes pourraient-ils ne pas être pratiquement
matérialistes, c’est-à-dire ne pas avoir toutes leurs préoccupations
tournées du côté de la matière?” (p. 98)

Les modernes ont déclaré ce qui ne peuvent pas toucher comme „inconnaissable”, ce qui les
dispense de s’en occuper. Là où son emploi est le plus malheureux
possible, les Occidentaux utilisent „l’imagination”.

Tout ce qu’on appelle „spiritualisme” ou „idéalisme” n’est qu’un sorte de
matérialisme transposé. „A vrai dire, spiritualisme et matérialisme,
entendus au sens philosophique, ne peuvent se comprendre l’un sans
l’autre: ce sont simplement les deux moitiés du dualisme cartésien, dont
la séparation radicale a été transformée en une sorte d’antagonisme;
et, depuis lors, toute la philosophie oscille entre ces deux termes sans
pouvoir les dépasser.” (p. 99)

Le spiritualisme n’a rien en commun avec la spiritualité. Son débat avec le matérialisme ne fait que
laisser indifférent celui qui se place à un point de vue supérieur.

La notion de „réalité” est réservée dans l’usage courant à la seule réalité sensible.

Le langage est l’expression de la mentalité d’un peuple et d’une époque.

Les convinctions religieuses de beaucoup de modernes: „[…] quelques notions
apprises par cœur, d’une façon toute scolaire et machinale, qu’ils ne
se sont nullement assimilées, auxquelles ils n’ont même jamais réfléchi
le moins du monde, mais qu’ils gardent dans leur mémoire et qu’ils
répètent à l’occasion parce qu’elles font partie d’un certain
formalisme, d’une attitude conventionnelle qui est tout ce qu’ils
peuvent comprendre sous le nom de la religion.” (p. 100-101)

Le prestige des sciences profanes auprès du public tient des résultats
pratiques qu’elle permet de réaliser, parce que là encore il s’agit de
choses qui peuvent se voir et se toucher.

Le pragmatisme constitue le dernier degré d’abaissement de la philosophie moderne. „[…]
mais il y a aussi, et depuis plus longtemps, en dehors de la
philosophie moderne et son dernier degré d’abaissement; mais il y a
aussi, et depuis plus longtemps, en dehors de la philosophie, un
«pragmatisme» diffus et non systématisé, qui est à l’autre ce que le
matérialisme pratique est au matérialisme théorique, et qui se confond
avec ce que le vulgaire appelle le «bon sens».” (p. 101)

Le bon sens consiste à ne pas dépasser l’horizon terrestre, aussi bien à
s’occuper de tout ce qu’il y a d’intérêt pratique immédiat.

Le sentiment est lui aussi tout près de la matière.

Le pragmatisme est l’indifférence totale à l’égard de la vérité.

La civilisation moderne est une civilisation quantitative. Pour beaucoup
de gens, les seuls éléments qui comptent sont l’industrie, le commerce
et les finances, pendant que la seule distinction sociale est celle
basée sur l’argent. „Il semble que le pouvoir financier domine toute
politique, que la concurrence commerciale exerce une influence
prépondérante sur les relations entre les peuples; peut-être n’est-ce là
qu’une apparence, et ces choses sont-elles ici moins de véritables
causes que de simples moyens d’action; mais le choix de tels moyens
indique bien le caractère de l’époque à laquelle ils conviennent.” (p.
103)

La théorie du matérialisme philosophique veut expliquer tous les événements historiques.

„Sans doute, la masse a toujours été menée d’une façon ou d’une autre, et
l’on pourrait dire que son rôle historique consiste surtout à se laisser
mener, parce qu’elle ne représente qu’un élément passif, une «matière»
au sens aristotélicien; mais aujourd’hui il suffit, pour la mener, de
disposer de moyens purement matériels, cette fois au sens ordinaire du
mot, ce qui montre bien le degré d’abaissement de notre époque; et, en
même temps, on fait croire à cette masse qu’elle n’est pas menée,
qu’elle agit spontanément et qu’elle se gouverne elle-même, et le fait
qu’elle le croit permet d’entrevoir jusqu’où peut aller son
intelligence.” (p. 103-104)

„[…] les Orientaux qui se résignent à envisager une concurrence économique vizavi de l’Occident, malgré la
répugnance qu’ils éprouvent pour ce genre d’activité, ne peuvent le
faire qu’avec une seule intention, celle de se débarrasser d’une
domination étrangère qui ne s’appuie que sur la force brutale, sur la
puissance matérielle que l’industrie met précisément à sa disposition;
la violence appelle la violence, mais on devra reconnaître que ce ne
sont certes pas les Orientaux qui auront recherché la lutte sur ce
terrain.” (p. 104)

Une des conséquences notables du développement
industriel est le perfectionnement des engins de guerre. C’est aussi
propres aux modernes l’idée de mettre en mouvement des masses énormes de
combattants. Les guerres modernes ont été possibles à cause du principe
des nationalités.

„Les inventions qui vont en se multipliant
actuellement avec une rapidité toujours croissante sont d’autant plus
dangereuse qu’elles mettent en jeu des forces dont la véritable nature
est entièrement inconnue de ceux mêmes qui les utilisent; et cette
ignorance est la meilleure preuve de la nullité de la science moderne
sous le rapport de la valeur explicative, donc en tant que connaissance,
même bornée au seul domaine physique; en même temps, le fait que les
applications pratiques ne sont nullement empêchées par là montre que
cette science est bien orientée uniquement dans un sens intéressé, que
c’est l’industrie qui est le seul but réel de toutes ses recherches.”
(p. 106)

Les „bienfaits” du „progrès” ne valent pas la peine.

La civilisation occidentale est caractérisée par l’esprit de conquête et les intérêts économiques.

„[…] mais quelle singulière époque que celle où tant d’hommes se laissent
persuader qu’on fait le bonheur d’un peuple en l’asservissant, en lui
enlevant ce qu’il a de plus précieux, c’est-à-dire sa propre
civilisation, en l’obligeant à adopter des mœurs et des institutions qui
sont faites pour une autre race, et en l’astreignant aux travaux les
plus pénibles pour lui faire acquérir des choses qui lui sont de la plus
parfaite inutilité!” (p. 107)

„[…] l’Occident moderne ne peut
tolérer que des hommes préfèrent travailler moins et se contenter de peu
pour vivre; comme la quantité seule compte, et comme ce qui ne tombe
pas sous les sens est d’ailleurs tenu pour inexistant, il est admis que
celui qui ne s’agite pas et qui ne produit pas matériellement ne peut
être qu’un «paresseux»; sans même parler à cet égard des appréciations
portées couramment sur les peuples orientaux, il n’y a qu’à voir comment
sont jugés les ordres contemplatifs, et cela jusque dans des milieux
soi-disant religieux. Dans un tel monde, il n’y a plus aucune place pour
l’intelligence ni pour tout ce qui est purement intérieur, car ce sont
là des choses qui ne se voient ni ne se touchent, qui ne se comptent ni
ne se pèsent; il n’y a de place que pour l’action extérieure sous toutes
ses formes, y compris les plus dépourvues de toute signification.” (p.
107-108)

Le déséquilibre occidental actuel ne témoigne pas d’un bonheur quelconque, bien le contraire.

Plus quelqu’un a des besoins, moins il est heureux. La civilisation
occidentale multiplie ces besoins artificiels. Le seul but de l’homme
moderne est de gagner de l’argent, parce que c’est la seule possibilité
qui permet de satisfaire ses besoins purement matériels.

„[…] entre l’esprit religieux, au vrai sens du mot, et l’esprit moderne, il
ne peut y avoir qu’antagonisme; toute compromission ne peut qu’affaiblir
le premier et profiter le second, dont l’hostilité ne sera pas pour
acela désarmée, car il ne peut vouloir que la destruction complète de
tout ce qui, dans l’humanité, reflète une réalité supérieure à
l’humanité.” (p. 111)

L’Occident moderne n’est pas chrétien, il est antireligieux. C’est vrai que tout ce qu’il y a de valable dans la
civilisation occidentale est arrivé par le Christianisme.

„L’Occident a été chrétien au moyen âge, mais il ne l’est plus; si l’on dit qu’il
peut encore le redevenir, nul ne souhaite plus que nous qu’il en soit
ainsi, et que acela arrive à un jour plus proche que ne le ferait penser
tout ce que nous voyons autour de nous; mais qu’on ne s’y trompe pas:
ce jour-là, le monde moderne aura vécu.” (p. 112)

VIII. L’envahissement occidental

Le désordre semble gagner l’Orient. Il y a des Orientaux qui
s’occidentalisent, surtout grâce aux études qu’ils font en
Europe/Amérique. L’esprit moderne étant chose occidentale, il est
correct de considérer ces Orientaux comme Occidentaux. Tout nationalisme
oriental, opposé par définition au traditionnalisme, a été l’œuvre de
cette catégorie d’hommes politiques.

Satan, en hébreu, c’est l’„adversaire”, c’est-à-dire celui qui renverse toutes choses et les
prend en quelque sorte à rebours; c’est l’esprit de négation et de
subversion, qui s’identifie à la tendance descendante ou
«intériorisante», «infernale» au sens étymologique, celle même que
suivent les êtres dans ce processus de matérialisation suivant lequel
s’effectue tout le développement de la civilisation moderne.

A lire: Henri Massis, Défense de l’Occident.

„[…] ainsi, quand la résistance à une invasion étrangère est le fait d’un
peuple occidental, elle s’appelle «patriotisme» et est digne de tous les
éloges; quand elle est le fait d’un peuple oriental, elle s’appelle
«fanatisme» ou «xéphofobie» et ne mérite plus que la haine ou le mépris.
D’ailleurs, n’est pas au nom du «Droit», de la «Liberté», de la
«Justice» et de la «Civilisation» que les Européens prétendent imposer
partout leur domination, et interdire à tout homme de vivre et de penser
autrement qu’eux-mêmes ne vivent et ne pensent?” (p. 121)

Ce qu’il y a de sûr c’est que les Orientaux ne menacent personne.

IX. Quelques conclusions

Tout doit commencer par la connaissance, et tout ce qui semble le plus
éloigné de l’ordre pratique se trouve être le plus efficace dans cet
ordre même.

Le monde moderne n’existe que par la négation de la vérité traditionnelle et supra-humaine.


Dernière édition par titou le Dim 24 Juil 2011, 11:58, édité 1 fois
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titou

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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 11:42

Que pensez vous de ces constats ?


à bientot insh'allah
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rosarum

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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 12:53

titou a écrit:
Que pensez vous de ces constats ?


à bientot insh'allah

tout d'abord que c'est trop long. ( j'ai survolé)

de ce que j'ai vu, il a du vrai mais qui voudrait revenir en arrière ?
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titou

titou


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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 13:20

assalam rosarum

J'aime les textes traditionnels et j'ai tendance à les dévorer mais je conçois que ça peut paraitre trop long. Je ferai des efforts pour raccourcir mes interventions insh'Allah.
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rosarum

rosarum


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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 21:14

titou a écrit:
assalam rosarum

J'aime les textes traditionnels et j'ai tendance à les dévorer mais je conçois que ça peut paraitre trop long. Je ferai des efforts pour raccourcir mes interventions insh'Allah.

reprenons progressivement car il y a beaucoup de points évoqués.

Citation :
Un constat sur notre civilisation moderne : Une modernité qui a corrompu (avec son matérialisme et son individualisme) tous les peuples aujourd'hui

c'est déjà un parti pris d'affirmer que la modernité serait une corruption alors que c'est une évolution découlant des progrès de la pensée philosophique et technique.
veut t on revenir en arrière?
et même si on le voulait, le pourrait t on ?
je ne le pense pas.

Citation :
Donc, si l’on dit que le monde moderne subit une crise, c’est que l’on entend par là le plus habituellement, c’est qu’il est parvenu à un point critique, ou, en d’autres termes, qu’une transformation plus ou moins profonde est imminente, qu’un changement d’orientation devra inévitablement se produire à brève échéance, de gré ou de force, d’une façon plus ou moins brusque, avec ou sans catastrophe.” (p. 8)

livre écrit en 1946/1973..... nous sommes en 2011 et si la "crise" est toujours là, la catastrophe elle aussi est toujours "imminente"
certes à l'échelle de l'histoire 40 ans ce n'est rien mais il se peut aussi qu'elle n'arrive jamais.

Citation :

La fin pressentie n’est pas la fin du monde, mais d’un monde:
la civilisation occidentale sous sa forme actuelle. „[…] il semble bien
que nous approchions réellement de la fin d’un monde, c’est-à-dire de
la fin d’une époque ou d’un cycle historique, qui peut d’ailleurs être
en correspondance avec un cycle cosmique, suivant ce qu’enseignent à cet
égard toutes les doctrines traditionnelles.” (p. 12)

il est clair que la mondialisation remet remet en cause les repères traditionnels dans toutes les sociétés, y compris occidentales et pose à l'humanité des défis nouveaux.
est ce pour autant la fin d'un cycle ?

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titou

titou


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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyDim 24 Juil 2011, 21:25

assalam alaykum

Merci pour ce debut de lecture et tes 1er constats Rosarum
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Agnos




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MessageSujet: Re: La crise du monde moderne   La crise du monde moderne EmptyMar 02 Aoû 2011, 18:07

Ben oui, René Guénon, le critique en chef de "l'occident"...
Il y a beaucoup de choses à dire effectivement, notamment sur les orientations des thèses de Guénon fortement induites par son environnement notamment...
On essaiera, mais c'est long et m'attarder une fois de plus sur Guénon ne m'amuse pas franchement tant l'absence d'impartialité de cet auteur pique les yeux...
Mais il y a des choses intéressantes qui valent la peine d'être débattues (pour ma part je dirais, combattues ).

Pas franchement mon pote Guénon, vous aurez compris Wink

titou a écrit:


A lire: Henri Massis, Défense de l’Occident.

„[…] ainsi, quand la résistance à une invasion étrangère est le fait d’un
peuple occidental, elle s’appelle «patriotisme» et est digne de tous les
éloges; quand elle est le fait d’un peuple oriental, elle s’appelle
«fanatisme» ou «xéphofobie» et ne mérite plus que la haine ou le mépris.
D’ailleurs, n’est pas au nom du «Droit», de la «Liberté», de la
«Justice» et de la «Civilisation» que les Européens prétendent imposer
partout leur domination, et interdire à tout homme de vivre et de penser
autrement qu’eux-mêmes ne vivent et ne pensent?” (p. 121)

Ce qu’il y a de sûr c’est que les Orientaux ne menacent personne.

Vous auriez pu éviter Massis, pétainiste, d'extrême droite catholique, dont on comprend aisément la position envers l'Orient et la réaction de Guénon. Henri Massis ne représente pas les français, et encore moins "l'occident", mais est pris par Guénon comme appui à son ressentiment farouche envers "l'occident" (terme d'ailleurs à définir), en voulant faire croire que majorité d'occidentaux pensent comme Massis.
Guénon est très fort pour cela, prendre des "faits" occidentaux comme généralité de l'Occident, pour alimenter sa critique.




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