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 [Poème] Les deux frères

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Le Poète




MessageSujet: [Poème] Les deux frères   Ven 17 Jan - 11:16

Poème "Les deux frères"


Deux frères étaient nés à l'aube de la guerre
qui avait rougi de sang le sol de la terre sainte*.
Leurs parents, de pauvres palestiniens
réduits à cultiver les fruits de la terre
avaient été les premières victimes
de ce triste conflit.

Voici comment cela se passa.
Les bébés étaient dehors, couchés sur le dos
suçant leurs pouces d'un air insouciant.
Ils étaient allongés sur leurs poucettes
attendant que leurs géniteurs daignent les pousser
et puissent s'occuper d'eux.
En vérité, la famille se préparait à une petite promenade,
et les parents s'affairaient à préparer les affaires,
s'agitant dans la maison ; leurs fils étaient dehors.
Mais le destin voulut compromettre ce petit projet
et la mort vint trouver les deux jeunes parents
sans qu'ils n'eussent le temps de faire promener leurs fils.
Car des soldats d'Israël, ayant déferlé sur leur village,
firent exploser cruellement plusieurs habitations ;
et dans une des maisons, dévorée par les flammes,
avaient péris les malheureux parents de ces deux jeunes bébés.

Quand l'incendie se fit calmer et que les soldats partirent
une bonne Juive charitable entra par hasard dans le village
et, attristée par le spectacle de désolation et de mort,
regardant avec peine les maisons enflammées,
elle vit le premier frère en train de pleurer et de crier.
Elle le prit en pitié et s'empara de lui
décidant de bon coeur de lui donner refuge
et de lui permettre de vivre une belle vie.
"Je serai, se dit-elle, comme sa propre mère,
"et je l'élèverai comme on élève un fils.
"De toute sa vie il ne saura rien de ses anciens parents ;
"je ne le veux pas torturer toute sa enfance durant... !
"Non : je le ferai Juif ; mon mari lui servira de père,
"et ainsi n'éveillerai-je pas les soupçons."

Après cela survint une seconde femme
dont le village désolé avait attiré le regard.
C'était une bonne musulmane, craignant Dieu,
ainsi décida t-elle d'aller aider quelque blessé.
Elle vit le frère de l'enfant pleurer et gesticuler,
et prise de pitié, elle se renseigna à son sujet.
Lorsqu'elle apprit que ses parents étaient morts,
elle l'adopta et l'emmena chez elle,
et elle le soigna, l'éleva et en fit son fils.
"Il sera, dit-elle, un bon musulman,
"qui fera honneur à ses parents arabes,
"et défendra sa patrie contre nos ennemis."

Les années passèrent : les enfants grandirent,
chacun en leur foyer, ignorant leur passé commun,
n'ayant aucune connaissance des liens de sang qui les unissaient,
et d'ailleurs, ne s'étant jamais rencontré face à face.
Le destin avait éloigné leurs chemins et les avaient rendus
comme deux êtres opposés, quoique frères.
En effet, l'un, Moshé**, était Juif convaincu ;
il mettait ses délices dans le sionisme
et était convaincu en son for intérieur
qu'Israël devait appartenir aux Juifs,
comme lui-même croyait appartenir aux Juifs,
bien que ce ne fût pas le cas.
"Mohamed et Jésus ne sont que des imposteurs,
"car nul messie n'est encore venu", déclarait-il.
L'autre, Moussa***, était profondément musulman ;
Il se réjouissait de ce que la Palestine tombât entre les mains de ses frères
et rien ne faisait plus son bonheur que de professer l'islam.
"Il n'y a nul autre dieu qu'Allah, disait-il avec fierté
"et Mohamed est son prophète et messager."

Les années passèrent encore : les deux frères avaient vingt ans.
Or, un combat éclata à Gaza ; musulmans et juifs réclamèrent des soldats.
Moshé et Moussa répondirent tout deux à l'appel, pensant défendre
leurs peuples respectifs. Ils s'en allèrent donc, portant les armes,
la tête haute, le dos droit, marchant d'un pas sûr et courageux.
L'un portait la Torah en sa main et marchait avec les Juifs,
se déclarant Israélite et ennemi des Arabes.
L'autre portait le Coran en sa main et marchait avec les Palestiniens,
se déclarant Arabe et ennemi des Juifs.
Mais aucun d'entre eux ne doutât un instant qu'ils étaient du même sang.

Lorsque le combat faisait rage, les secours arrivèrent des deux côtés :
juifs et musulmans se jetaient les uns sur les autres en se maudissant.
"Que Dieu vous fasse subir le châtiment éternel en Enfer", criait un rabbin
aux musulmans qui tombaient morts à terre, éclaboussant la terre de sang.
"Qu'Allah maudisse Ses ennemis en Enfer", disait encore un imam.
Et Moshé se jeta sur Moussa avec rage : ils luttèrent tout deux
dans le hasard de la guerre. Aucun ne put l'emporter sur l'autre,
mais Moussa, ayant trébuché sur un corps, tomba en arrière,
et Moshé le maintint dans cette position, l'immobilisant avec force.
Alors il brandit son pistolet sur son adversaire vaincu, prêt à lui ôter vie ;
mais leurs regards se croisèrent et ils furent tout deux comme figés.
Leurs âmes respectives leur criaient de se combattre jusqu'à la mort,
mais le même sang qui coulait dans leurs veines leur défendait
de faire une telle chose. "Ô frères issus de mêmes parents !
"Ne vous tuez pas !" semblaient crier leurs corps.
"Ne commettez pas ce crime qui a condamné tant de gens à l'Enfer éternel.
"Ne faites pas comme Caïn qui tua son frère Abel et répandit son sang ;
"Dieu le vit, et aujourd'hui encore il subit la colère divine.

"Ne tâchez pas vos âmes du sang innocent ! Préservez vos mains
"de commettre un tel acte ! Que le sang de vos frères ne jaillisse sur vous
"que vos armes n'ôtent point la vie que Dieu lui-même a donné !
"Est-ce défendre Dieu que d'agir ainsi ? Il est bien au-dessus
"de toutes ces guerres d'hommes. Ne soyez pas rivaux !
Que la haine ne vous divise pas, mais que l'amour naturel,
qui habite deux cœurs frères, vous unisse."

Alors Moshé et Moussa se serrèrent dans leurs bras :
ils se jetèrent l'un sur l'autre comme la première fois,
mais cette fois pour s'unir, et non pour se tuer.
Leurs larmes amères se mêlaient toutes deux :
ils savaient qu'ils étaient frères et ne pouvaient se nuire.

Alors ils s'éloignèrent de ce funeste combat,
et, s'étant retirés sur le haut d'une colline,
ils entamèrent un psaume au Dieu Très-Haut,
en communion l'un avec l'autre, d'une même voix...

"Glorifié, dirent-ils, soit celui qui a retenu nos mains
"qui a uni nos cœurs et nous a réconciliés tout deux...
"Nous marchions avec haine, désireux de nuire aux autres,
"voulant faire la guerre et ôter la vie à nos ennemis,
"ayant pour dessein de combattre impitoyablement nos opposants,
"mais le Seigneur œuvra de telle sorte qu'il fit taire notre rancœur ;
"il changea notre animosité en sympathie, et notre haine en amour ;
"notre virulence devint pure paix, et notre violence devint douceur.
"C'est pourquoi, béni soit-il, ce Dieu de paix et de sagesse,
"d'amour et de bonté ! Des deux côtés, les combattants
"prétendent lui plaire et font la guerre en son nom ;
"ils croient accomplir sa volonté en détruisant leurs ennemis,
"mais assurément, Dieu n'est pas de leur côté,
"lui qui nous a tous fait frères, fils d'Adam et d'Eve
"et qui a toujours considéré la guerre comme une abomination !
"Hosanna au Seigneur, et que sa grandeur soit exaltée !

"Les troupes guerrières affluent en terre sainte,
"les coups de pistolet se multiplient et les corps tombent ;
"le sang se répand, et avec lui la mort et la désolation ;
"les veuves pleurent leurs maris, et les enfants leurs pères,
"la sœur regrette le départ de son frère et se lamente sans cesse,
"partout les blessés crient et pleurent, maudissant la guerre.
"Les bouches ont soif : elles implorent de l'eau,
"les ventres gémissent : ils veulent être nourris et rassasiés,
"les plaies pleurent et dégagent des litres de liquide vital,
"les âmes ne cessent d'implorer Dieu pour mettre fin au calvaire ;
"et la Mort enjambe les blessés et cueille leurs âmes pour les prendre à jamais.

"Alors malheur à celui qui met ses délires dans la guerre !
"Malheur à celui dont le coeur ne frémit point
"à l'évocation des blessés, des morts et des victimes innocentes !
"Malheur à celui qui n'a pas de compassion
"envers les pauvres enfants que la Mort a rendu orphelins,
"ou encore les malheureuses femmes que la guerre a rendu veuves !

"Priez, priez, si vous croyez au Ciel, pour que tout cela cesse.
"Frémissez à l'idée qu'un de ces jours, la guerre vous atteigne ;
"et alors vous serez délaissés comme vous avez délaissé,
"et vous serez abandonnés comme vous avez abandonné
"et on vous oubliera comme vous avez oublié
"vos frères qui, en Israël, se tordent de douleur,
"qu'ils soient juifs ou musulmans, arabes ou israéliens,
"pleurant la mort des êtres qui leur étaient chers...
"Ce que vous infligez aux autres,
"d'une manière ou d'une autre vous le subirez.

"Ce mendiant qui, assis sur la poussière,
"vivait dans la pauvreté et une totale misère...
"il tendait une main timide, espérant recevoir quelque sous
"pour ne point mourir et pouvoir prolonger sa triste existence...
"Il levait vers vous des yeux implorants, souffrants,
"pour que vous ayez compassion et ne l'ignorez point...
"Mais vous, pressés à l'idée de rentrer bien au chaud chez vous,
"pressés à l'idée de déguster un bon repas et de vous reposer,
"vous êtes passés devant lui sans même lui accorder un regard...
"Votre main ne s'est point retirée de votre poche,
"et quoique riche, vous ne lui avez donné aucun centime.
"Eh bien ! demain, ce sera vous qui vous assiérez dans la poussière,
"ce sera vous qui implorerez la miséricorde de vos frères...

____________

NOTES :
* Il s'agit des premiers conflits israélo-palestiniens (19e siècle).
** Moshé est le nom hébreu du prophète juif Moïse.
*** Ironiquement, Moussa et Moshé ne sont qu'un même nom, car Moussa est la forme arabe du prénom Moshé (ou Moïse).
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MessageSujet: Re: [Poème] Les deux frères   Lun 27 Jan - 22:45

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