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 La contreverse des Vaudois oublié qui a fait rage pendant des siècles.

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psaume23.1

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MessageSujet: La contreverse des Vaudois oublié qui a fait rage pendant des siècles.   La contreverse des Vaudois oublié qui a fait rage pendant des siècles. EmptyDim 22 Jan 2017, 14:59

L’Église primitive en Italie du Nord et dans les Alpes Cottiennes

Depuis la fin du onzième siècle au moins, l’Église catholique clame haut et fort que les églises anciennes de l’Italie du Nord étaient tout bonnement des communautés qui s’étaient éloignées de l’autorité épiscopale de Rome . Mais en 1690 l’historien Peter Allix démontra au contraire que ces églises locales, fondées au temps des apôtres, ne furent jamais sous l’autorité de l’évêque de Rome avant le onzième siècle. Il décrit leur doctrine et leur pratique : « Elles méritent le qualificatif d’apostoliques, dit-il, car elles ont accueilli la doctrine des apôtres en s’engageant à la suite des premiers disciples, et elles ont préservé cet engagement avec un soin extrême au long des siècles » . Pour réfuter les accusations catholiques romaines contre ces églises, Allix s’appuie sur leur liturgie et sur les documents témoignant de leur foi et de leur pratique ; ils évoquent constamment leur désaccord grandissant avec l’évêque de Rome. Allix cite aussi les documents de leurs accusateurs catholiques, démontrant que les accusations portées contre ces églises prouvent en réalité que leurs pratiques étaient bibliques.

Faber relate que vers 406 un certain Vigilantius (ou Vigilance) de Calagurris, natif d’Aquitaine, publia un traité en réponse aux écrits par lesquels (saint) Jérôme défendait ses propres écarts par rapport à la Bible. Vigilantius « s’oppose à l’idée que le clergé doit garder le célibat. Il réfute cette autre fiction selon laquelle les martyrs sont de puissants intercesseurs auprès du trône de la grâce. Il ridiculise la vénération insensée, quasi idolâtre, dont certains entourent les reliques des martyrs. Il qualifie de folie la coutume de faire brûler en plein jour des cierges devant leurs tombes, et dénonce les prétendus miracles produits par leurs restes inanimés… Il traite de ‘vanités absurdes’ les pèlerinages à Jérusalem ou dans quelque autre lieu dit ‘saint’ » . Nous ne possédons plus le traité de Vigilantius ; c’est "saint" Jérôme qui nous livre ces informations en cherchant à réfuter Vigilantius au cours de ses échanges avec lui (Contra Vigilantum). "Saint" Jérôme, qui résidait alors à Jérusalem, précise que Vigilantius « vivait quelque part entre les flots de l’Adriatique et les Alpes Cottiennes » . "Saint" Jérôme ne réussit pas à faire chasser Vigilantius de cette région où il exerçait les fonctions d’ancien, car l’évêque du lieu le soutenait. Mais ce qui intéresse le plus Faber, c’est le point suivant :

« Cette région [où vivait Vigilance] à l’est des Alpes Cottiennes est précisément celle des Vaudois. Ces derniers soutiennent qu’ils y habitent au moins depuis le règne du Pape Sylvestre ; d’autre part, on peut déduire des propos de "Saint" Jérôme qu’ils s’y trouvaient déjà en 406, et même avant…

Donc, soixante-dix ans seulement après la mort du Pape Sylvestre, dans les vallées des Alpes Cottiennes, nous trouvons une église professant la foi qui correspond exactement aux compte rendus donnés génération après génération par les Vaudois eux-mêmes. Voilà justement, dans cette région où les documents nous engagent à la chercher, une église dont le pasteur, Vigilantius, proteste contre les superstitions de ses contemporains et s’écarte ouvertement des opinions professées par les évêques de l’Église romaine corrompue… » .

L’Église catholique romaine a beau prétendre qu’elle avait établi son hégémonie sur cette région, les échanges entre "Saint" Jérôme et Vigilantius témoignent du contraire. D’autre part, en 555 le Pape Pélage 1er se plaint de ce que « les évêques de Milan ne viennent pas à Rome pour recevoir l’ordination », selon « une ancienne coutume qui leur est propre » . Allix ajoute la remarque suivante : « En l’an 590, neuf évêques d’Italie et des Grisons déclarèrent ne pas être en communion avec le Pape et le qualifièrent d’hérétique… ils protestèrent [auprès de l’Empereur] qu’ils étaient dans l’impossibilité de communier avec le Pape Grégoire 1er ».

Documents à l’appui, Allix fait ressortir que même au neuvième siècle les églises du nord de l’Italie n’étaient toujours pas sous le joug de l’autorité papale. Elles résistèrent jusqu’après la mort de Claude, évêque de Turin. Jusque vers le milieu du neuvième siècle, Claude de Turin défendit vaillamment son diocèse contre Rome, tout en répandant inlassablement l’Évangile et les Écritures par ses prédications et par ses écrits. Wylie confirme que c’est seulement vers le milieu du onzième siècle que les églises des plaines du nord de l’Italie passèrent sous l’autorité papale. Même alors, ces églises des vallées des Alpes Cottiennes restèrent fidèles à la Bible dans leur foi et dans leur pratique. Les gens de cette région portent le nom de Vaudois, c'est-à-dire de « peuple des vallées ».

Le poème vaudois « La Noble Leçon » date de l’an 1100. La date de sa rédaction (« mille et cent ans ») fait partie intégrante du corps du texte au sixième vers. Faber démontre que ce poème est rédigé dans une langue « dérivée directement du bas latin, aucune autre langue n’ayant servi de transition ». C’est bien la langue des Vaudois qui s’étaient réfugiés dans les vallées des Alpes Cottiennes au second, au troisième, et au quatrième siècle. Cette « Noble Leçon » rédigée par eux montre incontestablement que leur langue n’avait pratiquement pas changé au long de ces siècles où ils restèrent cachés dans leurs vallées. Cette Confession de Foi sous une forme poétique servait à enseigner à leurs enfants « la foi transmise aux saints une fois pour toutes ». Nous avons donc plusieurs pièces à conviction : la correspondance de "Saint" Jérôme avec Vigilance en 406, les écrits de l’évêque Claude de Turin au début du neuvième siècle, « La Noble Leçon » de 1100, et d’autres documents antérieurs, réunis par Samuel Morland en 1655. Les Vaudois, peuple des vallées, furent effectivement gardés par Dieu et forment une lignée ininterrompue professant la foi apostolique depuis les premiers siècles jusqu’à la Réforme protestante.

On dit parfois que les Vaudois tiennent leur nom de Pierre Valdo (ou Valdès) de Lyon, dont ils seraient les disciples. La politique de l’Église catholique a toujours été de dissimuler les origines des églises anciennes « des vallées ». Elle soutient que ces communautés eurent pour fondateur Pierre Valdo et que loin de constituer l’Église véritable, elles étaient hérétiques. Mais des faits historiques indiscutables prouvent que la version révisionniste des papes est aussi fausse aujourd’hui que par le passé. Un élément déterminant est le fait que Pierre Valdo ne se manifesta qu’en 1160 alors que « La Noble Leçon » date de l’an 1100. En 1690, Peter Allix écrit : « Il n’est pas vrai que [Pierre] Valdo ait donné son nom aux habitants des vallées, car on les appelait ‘Vallenses’ ou ‘Vaudès’ bien avant qu’il n’existât, à cause des vallées où demeuraient ces gens. Ébrardus de Béthune écrit en 1212 qu’ils se donnaient le nom de Vallenses… ‘parce qu’ils habitaient la vallée des larmes’. Ils doivent donc leur nom à leur lieu d’habitation, c'est-à-dire aux vallées piémontaises, et non au patronyme de Pierre Valdo » .

Par leurs écrits comme par leurs actes, les Vaudois donnent le témoignage d’une vie soumise à l’autorité de la Bible. Leur principe premier, mis en pratique au jour le jour, se résume ainsi : « Nous devons obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5 :29). Leur second principe distinctif est l’autorité accordée à la Bible, que le peuple connaissait dans sa langue maternelle. Certains Vaudois étaient capables de réciter toute la Bible par cœur. Leur troisième principe était l’importance qu’ils accordaient à la prédication : chez eux tout croyant fidèle avait le droit de prêcher. À ces principes fondamentaux, enracinés dans le Sermon sur la Montagne, les Vaudois ajoutaient le refus des serments, le rejet de la doctrine du purgatoire et des prières pour les défunts. Après la mort, disaient-ils, il n’y a que deux possibilités : soit le ciel, soit l’enfer. Au cours de ces siècles enténébrés, cette foi vaudoise pré réformée toucha de nombreuses âmes. Pour évangéliser l’Europe ils envoyaient constamment des missionnaires qui exerçaient en général la profession de marchands. Ces derniers attirèrent des convertis issus de tous les milieux et ils souffrirent affreusement pour leur foi.

Cela fait au moins neuf siècles que Rome cherche à effacer les traces de ces anciennes églises bibliques de l’Italie du Nord et de la France méridionale, d’abord par une sorte de « nettoyage ethnique » au moyen des Croisades et de six siècles d’Inquisition, et aussi par la destruction des documents historiques les concernant, et par le révisionnisme historique. A ce jour, par la providence de Dieu, la Rome papale n’a pas réussi à effacer ces traces.
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samuel777444

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MessageSujet: Bref histoire des Vaudois.   La contreverse des Vaudois oublié qui a fait rage pendant des siècles. EmptySam 22 Avr 2017, 18:14

Il est probable que les Vaudois tirent leur nom d’un marchand lyonnais, Valdès ou Valdo qui, vers 1170, à la suite d’une crise de conscience, décide de vendre ses biens et de consacrer sa vie à la prédication de l’Évangile à ses concitoyens. Il fait traduire le Nouveau Testament dans la langue d’usage, le Provençal, afin qu’il soit compris par le peuple. Ses idées se propagent à travers toute l’Europe. Valdo et ses disciples « les Pauvres de Lyon » sont condamnés par l’Église comme dissidents surtout parce que la prédication est assurée par des laïcs y compris des femmes. Ils sont excommuniés par le pape Lucius III en 1184.

Les « Pauvres de Lyon » continuent néanmoins à prêcher et sont contraints à vivre dans la clandestinité à cause de la répression dont ils sont l’objet. S’appuyant sur les préceptes du Sermon sur la Montagne, ils insistent sur le refus de la violence et du serment. Ils refusent également tout compromis de l’Église avec le pouvoir politique.

Le mouvement vaudois (c’est le nom qui lui sera donné par ses adversaires) réussit à se répandre durant tout le Moyen-Âge, malgré les persécutions. Au XIIIe siècle, son centre est la Lombardie, autour de Milan. Il s’étend ensuite vers l’Autriche et le sud de l’Allemagne où les contacts furent intenses avec les disciples de Jan Hus. Des communautés importantes se forment aussi dans les vallées du Piémont. Leurs prédicateurs, nommés « barbes » (oncles, expression qui les distancie des « pères » catholiques), parcourent les chemins de l’Europe pour visiter périodiquement les petits groupes de croyants clandestins.

Le XVIe siècle et le passage à la Réforme

Lorsque les idées des Réformateurs se répandent en Europe, les Vaudois s’interrogent sur cette nouvelle réforme de l’Église. Ils envoient des émissaires à Berne, Bâle et Strasbourg qui discutent avec Guillaume Farel, Œcolampade et Martin Bucer. En 1532, au synode vaudois de Chanforan (dans les Vallées vaudoises en Italie), le réformateur Guillaume Farel est présent. Après plusieurs jours de discussion, les Vaudois décident d’adhérer à la Réforme, dans la mouvance de Zwingli et Bucer. Ils abandonnent ainsi un certain nombre de pratiques de la clandestinité. Ils refusent désormais les pratiques catholiques, bâtissent des temples et célèbrent le culte ouvertement. Les pasteurs sont attachés à une paroisse et non plus itinérants comme les « barbes » du Moyen-Âge. Ils financent la traduction, en français cette fois, de la totalité de la Bible, la célèbre Bible d’Olivétan.

Expansion de la Réforme en Italie (1532-1559)

Après le synode de Chanforan de 1532, les Vaudois participent activement à l’expansion des idées de la Réforme vers la plaine et le sud de la péninsule italienne, rejoignant ainsi des groupes italiens acquis à la Réforme.

L’évangélisation du Piémont se poursuit surtout pendant la période de l’occupation française, de 1536 à 1559 (traité de Cateau-Cambrésis qui restitue ses terres au duc de Savoie). De nombreux Piémontais vont se former à Genève et reviennent prêcher l’Évangile dans toute la Péninsule italienne. A partir de 1555, on assiste à la construction des premiers temples.

En sortant de la clandestinité, les Vaudois s’exposent, comme les protestants français, à une répression qui touche d’abord les pasteurs, les libraires, les chefs de file du mouvement. De nombreux martyrs meurent sur le bûcher.

Les groupes vaudois les plus importants se trouvent dans trois régions : la Provence, la Calabre et les Alpes. Tous vont subir la persécution mais à des moments différents.

Le massacre des Vaudois du Lubéron

Aux XIVe et XVe siècles, par vagues successives, les Vaudois étaient venus s’installer en Provence, venant du Dauphiné ou du Piémont. Ils contribuaient à faire revivre un pays ruiné et dépeuplé. Ils avaient été dans l’ensemble bien acceptés. En 1532, on comptait une trentaine de « barbes » dans le Lubéron. Mais à partir de leur adhésion à la Réforme, les Vaudois sont victimes de persécutions menées par le célèbre inquisiteur Jean de Roma et Jean Meynier, baron d’Oppède et premier président du Parlement d’Aix. L’arrêt de Mérindol de 1540 condamne le village à être rasé. Il ne sera appliqué qu’en 1545. Mérindol est détruit et pillé par les troupes du baron Meynier d’Oppède. La majorité des habitants peuvent s’enfuir et reviennent ensuite. Le massacre s’étend à tout le Lubéron faisant plus de 2 000 victimes. 700 Vaudois sont envoyés aux galères. Ce massacre des Vaudois du Lubéron a indigné toute l’Europe et a marqué durablement la région.

Le groupe provençal, presque totalement exterminé, perd très rapidement sa référence au passé vaudois et s’intègre dans le protestantisme français.

Le massacre des Vaudois en Calabre

La Calabre comptait de nombreux groupes de Vaudois. Après le synode de Chanforan, ils se rallient au mouvement réformé et apparaissent ainsi au grand jour. Une mission de l’inquisition leur est envoyée en 1560 avec son cortège de procès et de bûchers. Deux martyrs sont restés célèbres, les pasteurs Jacques Bonello et Giovanni Luigi Pascale, tous deux envoyés par l’Église de Genève. L’un fut brûlé à Palerme en 1560, l’autre à Rome en 1560. Puis une croisade militaire ravage le pays. Les Vaudois de Calabre sont décimés et ceux qui ont échappé au massacre sont contraints d’abjurer leur foi réformée.

La résistance en Piémont

Dans les Alpes cottiennes, les Vaudois habitaient les deux versants de la montagne, dans le Dauphiné et le Duché de Savoie. Dans le Dauphiné, les Vaudois s’intègrent au monde protestant français, participent aux guerres de religion et vivent ensuite à l’ombre de l’édit de Nantes mais conservent des liens constants avec leurs frères de Savoie.

Les vallées alpines sur le versant italien appartiennent au duché de Savoie mais vivent constamment sous la menace d’une invasion française. Après une première occupation française de 1536 à 1559, le duc Emmanuel Philibert, qui a récupéré ses terres au traité de Cateau-Cambrésis (1559), envoie dès 1560 une expédition militaire contre les Vaudois de la vallée de la Luserne. Sous l’influence de quelques prédicateurs, les Vaudois abandonnent leur non-violence traditionnelle et passent à la résistance armée. Cette guérilla de montagne se vit comme une guerre sainte, sur le modèle de la lutte entre David et Goliath. Chaque affrontement est précédé d’une prière et du chant des psaumes. Les pasteurs veillent à la discipline des troupes et interdisent le pillage. Les Vaudois reçoivent l’aide des Réformés dauphinois, sur l’autre versant des Alpes et tiennent tête aux armées ducales. Au bout de six mois de luttes, le duc accepte de négocier. L’accord de Cavour (1561) confirme les privilèges et franchises accordés précédemment et autorise le culte public dans les localités loin de la plaine. Par cet accord, un prince catholique tolère sur ses terres la présence de sujets dissidents, spirituellement rebelles. Mais cet accord renvoie les Vaudois dans leurs vallées de montagne et arrête l’expansion vers la plaine. L’adjectif « vaudois » n’est désormais utilisé que pour cette fraction de l’ancienne diaspora vaudoise.

Le XVIIe siècle : un siècle d'épreuves et de luttes

En 1630, les vallées vaudoises sont touchées par une épidémie de peste qui fait des ravages dans toute la population. Un tiers des habitants périssent et sur les 13 pasteurs en poste, 11 meurent. Les Vaudois font alors appel à Genève qui leur envoie des pasteurs. Les pasteurs genevois vont faire adopter les coutumes de l’Église de Genève et le français comme langue officielle de l’Église vaudoise qui le restera jusqu’au milieu du XIXe siècle.

La cour de Turin est soumise à la politique française. A partir de 1640 les incidents se multiplient contre les Vaudois. En 1655, les troupes sont logées chez les Vaudois et massacrent la population. Les terres réformées du Piémont sont reconquises au catholicisme. Ces massacres, connus sous le nom de « Pâques piémontaises » ou « Printemps de sang« , provoquent une réaction forte dans l’Angleterre de Cromwell. Le poète John Milton décrit ces massacres dans des vers restés célèbres. L’indignation gagne la Hollande et le reste de l’Europe. Mazarin intervient en personne. Pendant ce temps, la guérilla continue en Piémont avec une poignée d’irréductibles, menée par un paysan célèbre dans l’histoire vaudoise, Janavel. Sous la pression internationale, le duc de Savoie cède et reconnaît l’accord de Cavour. Les Vaudois réintègrent leurs vallées mais sont soumis à une pression de plus en plus forte de la part du pouvoir ducal.

En 1685, La Révocation de l’édit de Nantes s’étend aux possessions françaises du Piémont, Le val Plagela et le val Cluson. Un grand nombre de familles vaudoises prennent le chemin de l’exil et vont s’établir en Hesse-Cassel où ils fondent des villages vaudois.

Le duc de Savoie Victor Amédée II, neveu de Louis XIV, suit la politique de son oncle et par l’édit de Janvier 1686, bannit les pasteurs vaudois, interdit les cultes et impose aux enfants le baptême catholique. Sous l’influence du pasteur Henri Arnaud, les Vaudois se rebellent. Ils sont défaits dans un guerre éclair de trois jours au cours de laquelle beaucoup de Vaudois périssent. 8 500 vaudois sont emprisonnés. Grâce à l’intervention suisse, un certain nombre parvient à gagner Genève.

En 1688, la situation se renverse en Europe avec l’arrivée sur le trône d’Angleterre de Guillaume d’Orange qui déclenche une coalition contre Louis XIV. Des émissaires de Guillaume d’Orange prennent contact avec les Vaudois en exil en Suisse et organisent en secret leur rentrée au Piémont en 1689. Cet épisode est connu sous le nom de « Glorieuse rentrée« . Ils ne sont que 900 hommes à regagner le Piémont à marches forcées par un itinéraire peu fréquenté. Ils arrivent à Prali, dans le val Germanisca où ils célèbrent leur premier culte le 8 septembre 1689, conduit par Henri Arnaud. Par le serment de Sibaud du 11 septembre 1689, ils promettent de rester unis et de continuer la lutte avec Arnaud comme chef militaire et religieux. Ils vivent comme un miracle le fait d’échapper à l’armée française grâce au brouillard. Quelques jours plus tard, Victor Amédée rompt son alliance avec la France et s’allie avec l’Angleterre. Les Vaudois sont sauvés. Sous la pression anglaise, le duc de Savoie publie un édit qui garantit les droits des Vaudois sur leurs terres.

Le siècle des Lumières

Le pays vaudois reste une enclave protestante dans le Piémont catholique devenu Royaume de Sardaigne. L’influence française est remplacée par l’influence austro-hongroise.

Les Vaudois réussissent à subsister grâce à l’appui des Églises des pays protestants qui leur fournissent des pasteurs et des subsides pour fonder des écoles. Des bourses d’études permettent aux jeunes Vaudois d’aller étudier à Genève, Bâle, Leyde ou Heidelberg.

Les épreuves sont moins tragiques qu’au siècle précédent mais les Vaudois subissent des brimades constantes et vivent une lutte quotidienne épuisante pour le maintien de leur espace vital. Ils vivent dans un espèce de » ghetto », coupés du reste de la péninsule italienne mais rattachés au reste de l’Europe par leurs liens avec les pays protestants.

L'expérience de la liberté

Les armées révolutionnaires puis celles de Bonaparte trouvent un accueil favorable chez les Vaudois. De 1795 à 1815, les Vaudois font l’expérience de la liberté et sortent de leur « ghetto ». Mais en 1815, avec la restauration du roi de Sardaigne, les anciennes lois restreignant la liberté des Vaudois sont remises en vigueur. Le pasteur Alexis Muston, coupable d’avoir publié une thèse sur les Vaudois sans autorisation préalable, est poursuivi en procès et doit s’enfuir en France. Il devient pasteur dans la Drôme puis à Paris. Son livre, L’Israël des Alpes, histoire des Vaudois, traduit en anglais et en allemand, exerce une fascination sur les voyageurs anglais qui visitent ces vallées et deviennent les bienfaiteurs des Eglises vaudoises. W. Stephen Gilly et Charles Beckwith, entre autres, doteront les Vaudois d’un système scolaire extrêmement performant. Dans chaque village, Charles Beckwith fait ouvrir un école. On en compte 169 en 1848.

Vers 1825, le Réveil touche ces vallées grâce à une tournée d’évangélisation de Félix Neff.

Les Lettres Patentes de Charles-Albert du 17 février 1848 rendent aux Vaudois leurs droits civiques et politiques et sont accueillies avec des feux de joie. Mais l’Église vaudoise n’est que tolérée et il faudra un siècle de lutte pour qu’elle soit reconnue à égalité avec l’Église catholique. Cependant c’est le point de départ d’une grande mission d’évangélisation dans toute l’Italie qui voit la création de nombreuses communautés. La construction du temple de Turin, inauguré en 1853, symbolise la revendication du droit de prêcher en dehors des Vallées Vaudoises. Les pasteurs sont formés désormais à la Faculté de théologie vaudoise, fondée en 1855 à Torre Pellice et plus tard transférée à Rome, et apprennent l’italien. De nombreuses œuvres sont fondées : écoles, hôpitaux, maisons de retraite, centres culturels. Les éditions Claudiana diffusent la pensée vaudoise.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la misère touche les Vallées Vaudoises et provoque une forte émigration en Uruguay et Argentine. Les Vaudois y créent de nombreuses Églises de langue espagnole qui existent encore aujourd’hui.

Les Vaudois dans l'Italie d'aujourd'hui

Aujourd’hui, 25 000 Italiens sont membres des Églises vaudoises et méthodistes, unifiées à partir de 1975, dont 10 000 dans les Vallées vaudoises où ils représentent 50% de la population. Les liens avec les Églises vaudoises d’Amérique latine sont étroits puisqu’ils participent au même synode. Les Églises vaudoises sont présentes, dès leur création, dans les organisations œcuméniques internationales : Conseil œcuménique des Églises, Alliance réformée mondiale et Communauté évangélique d’action apostolique (Cevaa).

La deuxième partie du XXe siècle voit la création de deux œuvres importantes grâce au pasteur Tulio Vinay : le centre Agape à Prali, dans les Vallées vaudoises, lieu à vocation internationale ouvert à la réflexion sur des thèmes religieux, politiques et sociaux ; et le centre de Riesi en Sicile, centre communautaire ayant pour but de renouveler la vie de cette petite ville.
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